Réforme française · Calendrier

Facturation électronique :
le calendrier vu
depuis une boutique en ligne

Deux dates structurent la réforme, et une seule est imminente. Le tri, échéance par échéance, entre ce qui engage votre boutique en ligne et ce qui ne la concerne pas.

Mis à jour le

En résumé

Deux dates, quatre obligations, une seule urgence

La réforme française de la facturation électronique traîne une réputation d’usine à gaz, largement méritée pour les grands groupes multi-entités. Pour une boutique en ligne, elle tient pourtant en deux dates et quatre obligations — à condition de séparer ce qui vous engage de ce qui appartient à d’autres.

Le malentendu le plus coûteux est de croire qu’une boutique B2C est épargnée jusqu’en 2027. Elle ne l’est pas : l’obligation de recevoir des factures électroniques, elle, ne dépend ni de votre taille ni de votre clientèle, et elle tombe en septembre 2026 pour tout le monde. C’est le seul point réellement bloquant à court terme, et c’est aussi le plus simple à régler.

  • Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir une facture électronique — y compris les boutiques 100 % B2C.
  • À la même date, seules les grandes entreprises et les ETI doivent émettre et faire leur e-reporting.
  • Au 1er septembre 2027, l’émission et l’e-reporting deviennent obligatoires pour les PME, TPE et micro-entreprises.
  • Le portail public de l’État n’échange plus de factures : chaque entreprise doit passer par une plateforme agréée.
  • Vos ventes à des particuliers ne deviennent pas des factures électroniques — elles relèvent de l’e-reporting, sous forme de totaux agrégés.
Le calendrier

Les grandes échéances

Les échéances dans l’ordre, avec ce qu’elles imposent et à qui. Les deux dates en gras sont les seules qui créent une obligation ; les autres expliquent pourquoi le paysage ressemble à ça.

  1. Octobre 2024Contexte

    Le portail public cesse d’être une plateforme d’échange

    • Le Portail Public de Facturation est recentré sur l’annuaire central et la remontée des données vers la DGFiP.
    • Il n’émet ni ne reçoit plus de factures pour le compte des entreprises : l’option publique gratuite disparaît.
    • Conséquence directe pour vous : le passage par une plateforme agréée devient incontournable, y compris pour la seule réception.
  2. 2025 – été 2026Préparation du marché

    Immatriculation des plateformes agréées

    • La DGFiP immatricule les plateformes agréées ; plus de 160 le sont à l’été 2026.
    • Les écarts de tarif et de périmètre sont considérables d’une plateforme à l’autre, du plan gratuit à plusieurs centaines d’euros par mois.
    • Vérifiez qu’une plateforme figure bien sur la liste officielle avant de signer : « compatible avec la réforme » n’est pas « immatriculée ».
  3. 1er septembre 2026Toutes les entreprises (réception) · Grandes entreprises et ETI (émission et e-reporting)

    Réception pour tous, émission pour les grandes entreprises

    • Réception obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, sans exception de taille : il faut être raccordé à une plateforme agréée.
    • Émission obligatoire des factures B2B domestiques pour les grandes entreprises et les ETI.
    • E-reporting obligatoire pour ces mêmes grandes entreprises et ETI : ventes B2C, opérations internationales, données de paiement.
    • Pour l’immense majorité des e-commerçants, seule la première ligne s’applique à cette date.
  4. 1er septembre 2027PME, TPE et micro-entreprises

    Généralisation à toutes les entreprises

    • Émission obligatoire des factures B2B domestiques au format électronique pour les PME, TPE et micro-entreprises.
    • E-reporting obligatoire pour ces mêmes entreprises : c’est la date à laquelle vos ventes B2C devront être transmises.
    • La franchise en base ne dispense pas : elle donne seulement une fréquence de transmission plus espacée.
    • C’est l’échéance qui concerne la quasi-totalité des boutiques en ligne françaises.
Dans le champ

Ce qui concerne votre boutique

Quatre obligations touchent réellement une boutique en ligne. Elles ne tombent pas toutes à la même date, et la plus urgente n’est pas celle à laquelle on pense.

1er septembre 2026
Recevoir les factures de vos fournisseurs
Vos fournisseurs — hébergeur, transporteur, agence, éditeurs de logiciels, grossistes — passeront à la facture électronique selon leur propre taille. Beaucoup d’entre eux sont des grandes entreprises ou des ETI : ils émettront dès septembre 2026. Sans plateforme raccordée, ces factures ne vous parviennent pas, et la TVA déductible qu’elles portent non plus.
Selon votre taille : 2026 ou 2027
Transmettre les données de vos ventes B2C
Vos ventes aux particuliers ne donnent pas lieu à des factures électroniques, mais leurs données doivent être transmises : totaux HT et TVA par taux, agrégés par jour. C’est le volet de la réforme qui touche le plus directement les boutiques B2C — et celui dont la qualité dépend entièrement de votre chaîne commande → facture.
Selon votre taille : 2026 ou 2027
Déclarer vos opérations internationales
Ventes à distance dans l’Union européenne, exportations hors UE, ventes à des professionnels étrangers : ces opérations sortent du circuit de la facture électronique française, mais elles entrent dans l’e-reporting. Une boutique qui vend dans cinq pays a donc autant de flux à cartographier.
Selon votre taille : 2026 ou 2027
Émettre vos factures B2B en électronique
Si vous vendez aussi à des professionnels français — revente, grossistes, clients pros identifiés à la TVA — ces factures-là basculent en électronique, au format structuré, via une plateforme agréée. Le PDF envoyé par e-mail ne suffira plus pour ces clients.
Hors champ

Ce qui ne concerne pas votre boutique

Autant de sujets sur lesquels beaucoup de e-commerçants s’inquiètent — ou se font vendre des prestations — sans raison.

Envoyer une facture électronique à vos clients particuliers

Une vente à un particulier n’entre pas dans le circuit de la facture électronique. Vous n’avez pas à lui transmettre un fichier structuré, ni à passer par une plateforme agréée pour lui remettre son justificatif. Le PDF envoyé par e-mail après la commande reste parfaitement valable côté client. Ce sont les données de la vente, agrégées, qui partent à l’administration.

Facturer chaque vente B2C une par une

La réforme ne crée aucune obligation nouvelle d’émettre une facture pour une vente à un particulier. Les règles existantes continuent de s’appliquer, y compris l’obligation propre aux ventes à distance. Si vous n’émettiez pas de facture unitaire hier pour un flux donné, la réforme ne vous y oblige pas davantage aujourd’hui.

Remplacer votre déclaration TVA OSS

L’e-reporting ne se substitue pas au guichet unique. Vos ventes à distance intracommunautaires continuent d’être déclarées et payées via l’OSS, selon leur propre calendrier trimestriel. Les deux obligations coexistent : l’une informe l’administration française, l’autre acquitte la TVA due dans les pays de destination.

Transmettre les données personnelles de vos acheteurs

L’administration attend des agrégats, pas un fichier clients. Nom, adresse et e-mail de vos acheteurs particuliers ne font pas partie des données transmises. Une offre qui vous propose de « déclarer vos clients » se trompe d’obligation.

Déclarer vos opérations exonérées de TVA

Les opérations exonérées et dispensées de facturation au sens des articles 261 à 261 E du CGI restent hors du champ, comme pour la facture électronique. Selon votre activité, une partie de votre chiffre d’affaires peut donc ne rien avoir à transmettre.

Le cas des vendeurs non établis en France

Si vous n’êtes pas établi en France et n’y êtes pas assujetti à la TVA, la réforme française ne vous vise pas — même si vous vendez à des clients français. C’est le pendant symétrique du point précédent, et une source d’inquiétude fréquente chez les vendeurs étrangers.

Rythme

À quelle fréquence faudra-t-il transmettre ?

L’e-reporting n’est pas une déclaration annuelle de plus : c’est un flux régulier, calé sur votre régime de TVA. C’est ce qui le rend incompatible avec un rapprochement comptable fait une fois par trimestre.

À quelle fréquence faudra-t-il transmettre ?
Régime de TVAFréquenceDélai de transmission
Réel normal, déclaration mensuellePar décade (1–10, 11–20, 21–fin de mois)Dans les 10 jours suivant la fin de la décade
Réel normal, déclaration trimestrielleMensuelleEntre le 25 et le 30 du mois suivant
Réel simplifiéMensuelleEntre le 25 et le 30 du mois suivant
Franchise en base de TVATous les deux moisEntre le 25 et le 30 du mois suivant la fin de la période

Fréquences indicatives, à confirmer avec votre plateforme agréée : c’est elle qui pilote le calendrier d’envoi et vous alerte en cas de rejet.

Votre boutique

Ce que ça change, concrètement, selon votre plateforme

La réforme ne parle jamais de Shopify ni de WooCommerce : elle parle d’assujettis, de flux et de données. Voici la traduction, plateforme par plateforme.

Shopify
Shopify émet les commandes, pas les factures fiscales françaises. La numérotation continue, les mentions obligatoires, les avoirs et les taux par pays se jouent dans le logiciel de facturation branché derrière. C’est ce logiciel — ou sa plateforme agréée — qui portera votre e-reporting, pas la boutique.
Facturation pour Shopify
WooCommerce
Les extensions de facturation WooCommerce produisent souvent un PDF correct mais isolé : pas de flux structuré, pas de raccordement à une plateforme agréée. Vérifiez auprès de l’éditeur de votre extension ce qui est prévu, et à quelle échéance — beaucoup de plugins ne se prononcent pas encore.
Facturation pour WooCommerce
PrestaShop et Magento
PrestaShop et Magento gèrent nativement une facture par commande, ce qui donne une base plus solide — à condition que la numérotation ne soit pas remise à zéro par boutique ou par entité. Sur une installation multiboutique, c’est le premier point à vérifier.
Facturation pour PrestaShop
Amazon et les marketplaces
Sur Amazon et les autres marketplaces, la question préalable est de savoir qui est redevable de la TVA sur la vente. Tant que ce point n’est pas tranché pour votre situation, vous ne pouvez pas déterminer ce qui entre dans votre e-reporting. C’est le cas limite le plus fréquent, et le plus mal traité.
Facturation pour Amazon
À faire

Cinq choses à régler avant votre échéance

Rien d’exotique, mais rien qui se règle en une après-midi non plus. Dans l’ordre où ça se fait.

  1. 1

    Choisir votre plateforme agréée, et la raccorder

    C’est le seul point vraiment bloquant au 1er septembre 2026. Sans plateforme, vos fournisseurs qui basculent en septembre n’auront nulle part où déposer leurs factures — et vous n’aurez ni la facture, ni la TVA déductible qui va avec. Comptez le délai de raccordement, pas seulement celui de la signature.

  2. 2

    Vérifier vos données d’identification (SIREN, SIRET, TVA)

    La réforme s’appuie sur l’annuaire central : vos clients professionnels vous y trouveront par votre SIREN, et vos factures fournisseurs vous seront routées par lui. Un SIREN inactif, un établissement fermé qui traîne, une adresse de facturation qui ne correspond à rien : autant de factures qui n’arriveront jamais.

  3. 3

    Trier vos flux : B2C, B2B français, international, marketplace

    Prenez un mois de ventes et posez-vous la question ligne à ligne : combien de commandes à des particuliers en France, combien à des professionnels français, combien à l’étranger, combien via une marketplace ? Ce tri détermine exactement quelle obligation s’applique à quel flux — et il est beaucoup plus facile à faire à froid qu’en septembre.

  4. 4

    Fiabiliser le rapprochement entre boutique et facturation

    L’e-reporting attend des totaux HT et TVA par taux et par jour. Si votre boutique et votre logiciel de facturation ne tombent pas déjà d’accord au centime sur un mois donné, l’écart ne se réglera pas tout seul au moment de transmettre. C’est le chantier le plus long, et celui que tout le monde repousse.

  5. 5

    Faire valider vos cas limites par votre expert-comptable

    Le e-commerce cumule des cas que la réforme traite séparément : ventes à distance intracommunautaires, OSS, marketplaces, avoirs, acomptes sur abonnements. Une heure avec votre expert-comptable sur vos flux réels vaut mieux que dix articles génériques — celui-ci compris.

Sanctions

Ce que coûte le retard

Les montants ont été revus à la hausse par la loi de finances pour 2026. Ils restent plafonnés, et une première infraction régularisée spontanément ou dans les trente jours suivant une demande de l’administration n’est pas sanctionnée.

50 € par facture

Facture non émise au format électronique

Plafond de 15 000 € par année civile

500 € par transmission

Données d’e-reporting non transmises

Plafond de 15 000 € par année civile

500 €, puis 1 000 € par trimestre

Absence de plateforme agréée pour la réception

Après mise en demeure restée sans effet pendant trois mois

FAQ

Les questions que se posent les e-commerçants

Article à vocation pédagogique, à jour des textes et publications officielles disponibles en août 2026. Il ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique : les cas particuliers du e-commerce (marketplaces, ventes à distance, OSS) méritent l’avis de votre expert-comptable.

La réforme récompense les chaînes de facturation propres

Order Invoicer connecte votre boutique à votre logiciel de facturation : chaque commande devient une facture, chaque remboursement un avoir, avec la TVA au bon taux. C’est la base propre sur laquelle l’e-reporting et la facture électronique viendront s’appuyer.